Comprendre les spécificités de la marche nordique en terrain vallonné
La marche nordique est souvent présentée comme une activité se pratiquant sur terrain relativement plat. Pourtant, pour de nombreux marcheurs, le relief fait partie intégrante de leurs sorties : sentiers forestiers, chemins de randonnée, parcs urbains avec dénivelé. Adapter sa technique en montée et en descente devient alors essentiel, non seulement pour gagner en efficacité, mais aussi pour préserver ses articulations et marcher en sécurité.
En montée comme en descente, le rôle des bâtons de marche nordique évolue. Ils ne servent plus uniquement à propulser le corps vers l’avant, mais aussi à stabiliser, répartir l’effort et contrôler la vitesse. Une bonne technique permet de mieux utiliser la chaîne musculaire (bras, dos, ceinture abdominale, jambes) et de limiter la fatigue, notamment lors de sorties longues ou de randonnées sportives.
Adapter la longueur de ses bâtons selon le relief
Avant de s’intéresser au geste, il est pertinent de réfléchir au réglage du matériel. La longueur des bâtons de marche nordique est généralement calculée selon une formule simple (taille du marcheur x 0,68 environ), mais le relief peut amener à ajuster légèrement cette base.
En montée, des bâtons légèrement plus courts facilitent la poussée vers l’avant et vers le haut. À l’inverse, en descente, des bâtons un peu plus longs peuvent apporter davantage de stabilité et limiter la compression au niveau des genoux et des hanches. Ce réglage est plus simple avec des modèles télescopiques ou ajustables, bien qu’en marche nordique classique on privilégie souvent des bâtons monobrins pour leur légèreté et leur rigidité.
Pour ceux qui pratiquent régulièrement en terrain vallonné, investir dans :
- des bâtons réglables en longueur (système de clips ou de vis sécurisé),
- des poignées ergonomiques avec dragonnes spécifiques à la marche nordique,
- des pointes adaptées aux sols meubles et des embouts en caoutchouc pour les terrains durs,
peut être un réel atout pour adapter sa technique au relief rencontré.
Maîtriser la technique de marche nordique en montée
La montée est souvent perçue comme le moment le plus exigeant physiquement. Pourtant, une technique bien maîtrisée permet de répartir efficacement l’effort et de limiter la sensation de « tirer sur les jambes ». En montée, les bâtons deviennent de véritables leviers de propulsion.
Position du corps et posture en côte
En montée, le corps doit être légèrement incliné vers l’avant, mais sans se « casser » au niveau de la taille. L’objectif est d’aligner le buste et les hanches, en gardant le regard porté vers l’avant et non vers le sol. Cette posture facilite la respiration et optimise la poussée des bâtons.
Pour maintenir une bonne posture en côte :
- garder le dos droit, épaules relâchées,
- engager la sangle abdominale pour soutenir la colonne vertébrale,
- éviter de trop se pencher, ce qui fatigue le bas du dos et diminue l’efficacité des bras.
Placement des bâtons et coordination des bras
En montée, les bâtons se plantent généralement un peu plus en avant que sur terrain plat. L’idée est de créer un point d’appui solide pour « tirer » le corps vers le haut tout en poussant vers l’arrière. Le mouvement reste en opposition bras-jambe (bras droit avec jambe gauche, bras gauche avec jambe droite), mais l’amplitude peut être légèrement réduite en fonction de la pente.
Quelques repères techniques utiles :
- Planter le bâton à hauteur approximative du talon du pied avant, voire un peu plus en avant selon la raideur de la pente.
- Fléchir légèrement le coude au moment de la pose, puis pousser franchement vers l’arrière en fin de geste.
- Laisser la dragonne jouer pleinement son rôle : la main peut s’ouvrir en fin de propulsion, c’est la sangle qui transmet la force.
Cette technique permet de solliciter davantage les muscles du haut du corps (triceps, épaules, dorsaux), soulageant les quadriceps et les mollets, tout en améliorant la stabilité sur un sol parfois irrégulier.
Gestion de la foulée et du rythme en montée
La foulée en montée doit être adaptée à la pente. Plus elle est raide, plus il est recommandé de raccourcir le pas tout en augmentant la fréquence. Le but est de maintenir une allure régulière qui permette de tenir dans la durée sans être rapidement à bout de souffle.
Quelques principes simples à appliquer :
- Raccourcir la longueur du pas sur les pentes les plus raides.
- Adopter une cadence de pas régulière pour stabiliser la respiration.
- Éviter les accélérations brutales qui font monter la fréquence cardiaque trop vite.
Pour ceux qui utilisent un cardiofréquencemètre ou une montre GPS, garder un œil sur la fréquence cardiaque peut aider à trouver le bon rythme et à ne pas dépasser systématiquement sa zone de confort.
Technique de marche nordique en descente : priorité à la sécurité
La descente est souvent sous-estimée. Pourtant, c’est là que les contraintes sur les articulations (genoux, chevilles, hanches) sont les plus importantes, et que le risque de chute est plus élevé. Les bâtons deviennent alors des points d’appui et des « freins » permettant de contrôler la vitesse.
Posture du corps et gestion de l’équilibre en descente
Contrairement à la montée, la posture du corps en descente doit être légèrement « assise », avec les genoux plus fléchis, les hanches en arrière et le buste un peu incliné vers l’avant. Il s’agit de garder le centre de gravité relativement bas et bien au-dessus des appuis.
Pour descendre avec plus de sécurité :
- Éviter de se pencher en arrière, ce qui augmente le risque de glisser.
- Garder les genoux souples pour absorber les chocs.
- Placer le pied à plat (ou légèrement de profil) sur les terrains instables pour améliorer l’adhérence.
Utilisation des bâtons comme points d’appui
En descente, les bâtons peuvent être plantés légèrement devant le corps, mais sans excès pour ne pas déséquilibrer vers l’avant. Ils servent principalement à stabiliser et à doser la vitesse plutôt qu’à propulser.
Quelques éléments techniques à garder en tête :
- Planter les bâtons un peu en avant ou à côté du pied d’appui, selon la pente.
- Maintenir les coudes légèrement fléchis pour amortir les impacts.
- Adapter l’écartement des bâtons : un peu plus large sur terrain fuyant (graviers, boue) pour élargir la base de soutien.
Sur des descentes longues, cette technique permet de soulager les quadriceps et de limiter la pression sur les genoux, ce qui est particulièrement appréciable pour les marcheurs souffrant de douleurs articulaires.
Adapter la foulée et la vitesse de descente
En descente, il est tentant de se laisser porter par la gravité et de laisser filer la vitesse. Pourtant, la maîtrise de l’allure est un point clé pour la sécurité. Une foulée plus courte et contrôlée réduit le risque de faux-pas, surtout sur des terrains irréguliers ou glissants.
Pour mieux gérer la descente :
- Privilégier des pas courts et rapides plutôt que de longues foulées.
- Utiliser les bâtons pour tester la stabilité du sol lorsque la visibilité est limitée (feuilles, herbe haute).
- Adapter la vitesse à la technicité du chemin plutôt qu’à sa seule inclinaison.
L’objectif n’est pas de descendre le plus vite possible, mais de le faire avec assurance en préservant ses articulations et en limitant les risques de blessure.
Choisir un équipement adapté aux montées et descentes
Au-delà de la technique pure, l’équipement joue un rôle important dans le confort et la sécurité sur terrains vallonnés. Plusieurs éléments peuvent faire la différence lors des montées et descentes en marche nordique.
Pour optimiser ses sorties :
- Chaussures : opter pour des modèles avec une bonne accroche (semelles crantées) et un maintien correct du pied. Les chaussures de trail ou de randonnée légère sont souvent appropriées.
- Bâtons : choisir une longueur adaptée à sa taille, avec une poignée confortable et des dragonnes spécifiques à la marche nordique, permettant une bonne transmission de la poussée.
- Embouts et pointes : utiliser des embouts en caoutchouc sur terrain dur (bitume, chemin stabilisé) et retirer ces embouts sur les sentiers pour profiter pleinement de la pointe en métal.
- Textile : privilégier des vêtements respirants et, en cas de descentes longues ou de conditions humides, des chaussettes techniques limitant les frottements et les ampoules.
De nombreux marcheurs qui évoluent régulièrement en terrain vallonné choisissent également d’emporter un petit sac ou gilet de trail, permettant de transporter de l’eau, une couche supplémentaire et une trousse de premiers secours légère.
Intégrer progressivement le dénivelé dans sa pratique
L’adaptation de la technique ne se fait pas en une seule sortie. Comme pour tout apprentissage moteur, la répétition et la progressivité sont essentielles. Commencer par de courtes montées et descentes sur des terrains peu techniques permet de se familiariser avec la posture, le placement des bâtons et la gestion de l’effort.
Quelques pistes pour progresser en douceur :
- Intégrer de petites côtes dans ses parcours habituels, plutôt que de chercher immédiatement de gros dénivelés.
- Travailler séparément la technique en montée et en descente sur une même portion de chemin (montées répétées, puis descentes contrôlées).
- Varier les types de terrains : chemins forestiers, sentiers caillouteux, parcs avec escaliers ou talus.
Avec le temps, cette approche permet de gagner en confiance, d’améliorer son endurance spécifique en côte et de développer des automatismes de sécurité en descente.
Adapter sa technique de marche nordique en montée et en descente est un levier puissant pour progresser, prendre davantage de plaisir sur les sentiers et pratiquer de manière durable. En combinant une posture adéquate, un geste précis avec les bâtons et un équipement bien choisi, chaque relief devient l’occasion de mieux exploiter le potentiel de cette discipline complète.
